Tag Archives: jonathan coe

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (8)

Michael s’assit et mit sa tête entre ses mains. Il parla d’une voix lasse, sans émotion. « Il y a bien des années, pour mon neuvième anniversaire, on m’a emmené voir un film. L’histoire se passait dans une maison semblable à celle-ci, et il s’agissait d’une famille pareille à la vôtre. J’étais un petit garçon read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (7)

Ma connaissance des livres et des films sexuellement explicites était mince. Malgré toutes ces années où j’avais eu recours au magnétoscope pour m’exciter, je conservais, assez curieusement, une aversion fondamentale pour la pornographie (aversion probablement fondée sur des principes, si on remonte dans un passé lointain). Même dans les films les plus salaces que j’achetais, read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (6)

Thomas aimait toutes sortes de films. Il aimait l’illusion mensongère de l’écran : que tout un monde pût tenir entre les quatre côtés d’un rectangle, et que le spectateur pût en profiter impunément dans son fauteuil, sans contacts. Dans sa vie professionnelle (si tant est qu’il eût par ailleurs une vie personnelle), il s’efforçait toujours read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (5)

« Allons-y. C’est mon travail de fin d’année. On va voir ce que vous en pensez. » Ce fut une expérience moins pénible que je ne le craignais. Le film de Graham ne durait qu’une dizaine de minutes. C’était une œuvre polémique, assez peu subtile, mais efficace, sur le conflit des Malouines, intitulée « La read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (4)

Un soir, alors que j’avais vingt-quatre ans, j’allai assister à un festival de films français organisé par le ciné-club de l’université. On projeta d’abord Le Sang des bêtes, court documentaire de Georges Franju sur un abattoir parisien. La salle s’était à moitié vidée avant la fin. C’était un public typique de ciné-club : amateurs endurcis read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (3)

« Eh bien, reprit Fiona. Je ne dirais pas exactement que vous vous êtes ouvert à moi ce soir, après toutes vos promesses. Je ne dirais pas que vous avez mis votre âme à nu devant moi de l’autre côté de la table. Tout ce que j’ai appris, c’est que vous vous êtes marié à read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (2)

Le public avait l’air de trouver ça drôle, mais moi j’avais déjà affreusement peur. On ne m’avait encore jamais emmené voir quelque chose comme ça : bien que ce ne fût pas à proprement parler un film d’horreur, tous les détails y étaient, et l’atmosphère lugubre, la musique dramatique, la sensation continuelle que quelque chose read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (1)

Quand mon père revint, avec deux parapluies et une capuche de plastique soigneusement pliée, ma mère le regarda en silence, d’un air de panique ; mais il avait visiblement réfléchi à la situation, et son ingénieuse suggestion fut : « Peut-être qu’il y a quelque chose au cinéma. » Le plus proche, et le plus read more »