Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (6)

Thomas aimait toutes sortes de films. Il aimait l’illusion mensongère de l’écran : que tout un monde pût tenir entre les quatre côtés d’un rectangle, et que le spectateur pût en profiter impunément dans son fauteuil, sans contacts. Dans sa vie professionnelle (si tant est qu’il eût par ailleurs une vie personnelle), il s’efforçait toujours de se mettre à l’écart du monde, qu’il regardait comme si c’était un film muet protégé par de nombreuses vitres : la vitre d’un wagon de première classe, par exemple, ou de l’hélicoptère de Bob Maxwell (qu’il pouvait parfois emprunter), ou la glace teintée de sa limousine privée.


Jonathan Coe, Testament à l’anglaise
Traduit de l’anglais par Jean Pavans
Gallimard, 1994

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