Rupert Everett, Les coiffeurs de Saint-Tropez

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Le Festival de Cannes est aux Tropéziens ce que Wimbledon est à l’Angleterre. Tout reste en suspens. Avec sa redoutable filière française du showbiz, Saint-Tropez s’y sent lourdement impliqué.

Et ce que n’importe qui te dira, c’est qu’il pleut toujours pendant le Festival, aussi le fait que le ciel soit entièrement bleu, à l’exception d’un unique petit nuage planant du côté de Toulon, est une source intarissable d’anxiété et de discussions chez les vrais-faux indigènes. Des regards de blâme visent ce pauvre petit nuage, suivis de sombres prédictions.

Apparemment Jeanne Moreau s’est cassé le fémur la dernière fois où il n’a pas plu. Et la fois d’avant, c’était quand Greta Garbo a annulé. Que va-t-il se passer maintenant, jacassent ces perruches débiles dans leurs cages dorées, tandis qu’elles jouent, au déjeuner et dans l’après-midi, de la télécommande, sautant d’une chaîne à l’autre pour voir qui est arrivé à Cannes et dans quelle tenue. Ensuite, il y aura une brève sortie pour faire les courses avant de rentrer en vitesse voir le reportage de TF1 sur la première du premier film, suivi, bien sûr, de J’adore le Festival, à l’hôtel Majestic, avec leur Véronique Jador, la Tropézienne par excellence.



Rupert Everett, Les coiffeurs de Saint-Tropez,
traduit de l’anglais par Sophie Brunet,
Balland, 2000

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