Philippe Pastorino, La Fabrique des fous

Vous avez déjà vu des vieux films suédois en noir et blanc ? Vous savez, ces films où l’on voit des corbillards traverser l’écran au ralenti une fois toutes les demi-heures. C’est comme les enterrements d’ailleurs, on se sent peu de chose sur terre en sortant de la salle. Les acteurs ont sans arrêt des sous-titres qui leur sortent de la bouche comme de la buée les jours de froid. Comme les sous-titres sont blancs sur fond blanc, il faut lire le programme ensuite pour comprendre ce qui s’est dit… Hé bien, mes rêves d’alors ressemblaient tout à fait à ça, sauf qu’il n’y avait pas de critiques pour me les expliquer quand je me réveillais. J’aurais sans doute dû aller voir un psy avant qu’il ne soit trop tard. Les psys, c’est les critiques de cinéma du rêve.



Philippe Pastorino, La Fabrique des fous
L’Âge d’homme, 2001

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