Category Archives: ENFANCE ET CINEMA

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (2)

Le public avait l’air de trouver ça drôle, mais moi j’avais déjà affreusement peur. On ne m’avait encore jamais emmené voir quelque chose comme ça : bien que ce ne fût pas à proprement parler un film d’horreur, tous les détails y étaient, et l’atmosphère lugubre, la musique dramatique, la sensation continuelle que quelque chose read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (1)

Quand mon père revint, avec deux parapluies et une capuche de plastique soigneusement pliée, ma mère le regarda en silence, d’un air de panique ; mais il avait visiblement réfléchi à la situation, et son ingénieuse suggestion fut : « Peut-être qu’il y a quelque chose au cinéma. » Le plus proche, et le plus read more »

Jean-Paul Sartre, Les mots (2)

Ma mère s’enhardit jusqu’à me conduire dans les salles du Boulevard : au Kinérama, aux Folies Dramatiques, au Vaudeville, au Gaumont Palace qu’on nommait alors l’Hippodrome. Je vis Zigomar et Fantômas, Les Exploits de Maciste, Les Mystères de New York : les dorures me gâchaient le plaisir. Le Vaudeville, théâtre désaffecté, ne voulait pas abdiquer read more »

Esther Hautzig, La steppe infinie (2)

Le second été en Sibérie fut chaud et sec, (…). Et ce fut aussi l’été où je vis Deanna Durbin dans “100 Men and a Girl” quatre fois de suite au cinéma du village. Dans les annales des cinéphiles fanatiques cela ne vaudra pas une mention, mais pour parvenir à économiser les seize roubles nécessaires, read more »

Nathalie Sarraute, Enfance

Un étudiant est penché sur sa table couverte de cahiers, de livres, il prépare un examen… quand soudain derrière son dos un rideau de velours sombre s’entrouvre… deux mains aux doigts épais et forts en sortent, s’avancent… des mains gantées d’une peau blanchâtre… des gants en peau humaine !… elles s’approchent doucement, elles entourent le read more »

Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance

Un soir, nous allâmes au cinéma, Henri, Berthe, Robert, le père d’Henri, qui, je crois, venait de revenir de Paris pour nous aider à y rentrer, et moi. Le film s’appelait Le grand silence blanc et Henri était fou de joie à l’idée de le voir car il se souvenait d’une magnifique histoire de Curwood read more »

Patrick Modiano, Une aventure de Choura

Un jour, j’ai appris que l’on donnait au cinéma, près de chez nous, un film sur la reine Marie-Antoinette. Cela se passait au dix-huitième siècle, à l’époque du « Mouron Rouge », et j’ai demandé la permission à monsieur et madame Vervekken d’aller voir ce film. Monsieur Vervekken m’a dit : – Je n’aime pas read more »

René Goscinny, La séance de cinéma

La lumière s’est éteinte à nouveau et Le Mystère de la mine abandonnée a commencé. C’était formidable ! Il y avait un homme, tout en noir, la figure couverte par un mouchoir noir et qui avait un cheval noir. L’homme tuait un vieux mineur et la fille du vieux mineur pleurait et le shérif, qui read more »

Joseph Joffo, Baby-foot

Je suis un acharné de ciné, Franck aussi et Jeannot le gitan encore pire. On sort des Folies-Belleville pour plonger à la Gaieté-Rochechouart. Il y a des films d’actualités sur la guerre qui tarde à finir. Ça s’appelle « Pourquoi nous combattons ». J’ai vu toute la série. Et puis, ce matin, Franck est entré read more »

Jean-Paul Sartre, Les mots (1)

Je défie mes contemporains de me citer la date de leur première rencontre avec le cinéma. Nous entrions à l’aveuglette dans un siècle sans traditions qui devait trancher sur les autres par ses mauvaises manières et le nouvel art, l’art roturier, préfigurait notre barbarie. Né dans une caverne de voleurs, rangé par l’administration au nombre read more »