Category Archives: ENFANCE ET CINEMA

Julien Gracq, Lettrines

Mais la fête, c’est surtout le soir, quand il y avait cinéma. On tendait un écran de toile sur le bord de la terrasse, face à la mer : de chaque côté du drap magique, quand la mer s’approchait, on voyait naître du fond de la nuit et crouler l’une après l’autre de fantomatiques barres read more »

Montague R. James, Rendez-vous avec la peur

“Bizarrerie”, pourquoi ? Parce qu’avec la séance de lanterne magique, on est au cinéma avant le cinéma, dans la préhistoire du 7e art… Le premier hiver qu’il a passé à Ludlow, notre charmant voisin [Karswell] écrivit à M. Farrer, le pasteur de sa paroisse (ce n’est pas le nôtre, mais nous le connaissons très bien), read more »

Julian Barnes, Before She Met Me (2)

When the flick started (Graham used the limiting noun of his adolescence: ‘movie’ was American, and ‘film’ made him think of ‘film studies’), he remembered a lot more about why he didn’t like the cinema. People talked about the artificiality of opera; but had they ever looked at this stuff properly? Garish colours, ludicrous plot, read more »

Jean-Michel Guenassia, Le Club des Incorrigibles Optimistes (1)

Un soir, au cours du dîner, ma mère a évoqué la possibilité d’aller au cinéma le dimanche après-midi pour voir Alamo de John Wayne, le film dont tout le monde parlait. Je crevais d’envie d’y aller. Plusieurs mois avant la sortie du film, j’avais clamé mon admiration pour Davy Crockett. Mon père m’avait offert la read more »

Albert Camus, Le premier homme (2)

Les films, étant muets, comportaient en effet de nombreuses projections de texte écrit qui visaient à éclairer l’action. Comme la grand-mère ne savait pas lire, le rôle de Jacques consistait à les lui lire. Malgré son âge, la grand-mère n’était nullement sourde. Mais il fallait d’abord dominer le bruit du piano et celui de la read more »

Albert Camus, Le premier homme (1)

Les séances de cinéma réservaient d’autres plaisirs à l’enfant… La cérémonie avait lieu aussi le dimanche après-midi et parfois le jeudi. Le cinéma de quartier se trouvait à quelques pas de la maison et portait le nom d’un poète romantique comme la rue qui le longeait. Avant d’y entrer, il fallait franchir une chicane d’éventaires read more »

François Bon, Autobiographie des objets (3)

Le cinéma est-il une ligne frontière entre gamins des villes et gamins des campagnes ? Le cinéma est déjà une pratique populaire quand Kafka s’y rend pour la première fois, et quelles scènes celles de Fellini dans Roma. Moi, à Saint-Michel-en-l’Herm, je ne vois rien. Je vois un camion qui se gare parfois devant la read more »

François Bon, Autobiographie des objets (2)

On nous y* montrait le cinéma. Un camion passait chaque hiver. On le savait dès le matin – à cause de sa remorque plantée devant l’entrée. On nous y emmenait avec l’école dans l’après-midi, et les familles s’y rendaient le soir. Je revois aussi, l’été, une installation similaire à La Grière, près de La Tranche-sur-Mer, read more »

François Bon, Autobiographie des objets (1)

J’ai souvenir aussi que plusieurs fois par an un camion venait installer à la salle des fêtes un projecteur de cinéma, mais si j’ai assisté forcément aux séances ça ne m’a pas marqué. Le premier souvenir de cinéma date d’une visite à Paris en 1961, je crois que c’était Le Jour le plus long, où read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (8)

Michael s’assit et mit sa tête entre ses mains. Il parla d’une voix lasse, sans émotion. « Il y a bien des années, pour mon neuvième anniversaire, on m’a emmené voir un film. L’histoire se passait dans une maison semblable à celle-ci, et il s’agissait d’une famille pareille à la vôtre. J’étais un petit garçon read more »