Category Archives: REFLEXIONS

Steve Tesich, Karoo (4)

Je méprise et j’ai toujours méprisé l’expression « petit chef-d’œuvre ». C’est ainsi que les critiques de cinéma aiment à qualifier certains films étrangers. L’expression « petit chef-d’œuvre » semble suggérer l’existence de toute une gamme de chefs-d’œuvre classés par tailles, comme les produits sur les étagères des supermarchés, de petits à moyens puis à read more »

Paul Auster, Sunset Park (1)

Son sujet, ce sont les Etats-Unis dans les années qui ont immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale, l’étude des relations et des conflits entre hommes et femmes tels que les montrent les livres et les films de 1945 à 1947, pour la plupart des romans policiers populaires et des films commerciaux réalisés à Hollywood. C’est read more »

Louis Aragon, Anicet ou le Panorama, roman

Rien n’est plus frais en été que les salles des cinémas les après-midi de semaine, et les deux amis s’étaient réfugiés dans l’asile d’ombre de l’Electric-Palace. Sans se préoccuper des voisins, ils parlaient à voix haute et mêlaient à leurs discours des jugements sur les films. Ainsi vous regardez passer la vie, vous y intéressez read more »

Paul Auster, Le livre des illusions (4)

Quelques heures plus tard, l’épreuve de Martin Frost fut détruite. Je devrais sans doute considérer que j’ai de la chance d’avoir vu ce film, de m’être trouvé là pour la dernière projection d’un film au Blue Stone Ranch, mais d’un certain côté je regrette qu’Alma ait allumé le projecteur ce matin-là, je préférerais n’avoir jamais read more »

Paul Auster, Le livre des illusions (3)

Il me fallut un moment pour y entrer, pour comprendre ce qui se passait. L’action était filmée avec un réalisme si imperturbable et une attention si scrupuleuse envers les détails de la vie quotidienne que je restai d’abord insensible à la magie qui imprégnait le cœur du récit. Le film commençait comme n’importe quelle comédie read more »

Paul Auster, Le livre des illusions (2)

Je n’étais pas cinéphile. […] Ce n’était pas que j’eusse quoi que ce fût contre le cinéma, mais il n’avait jamais vraiment compté pour moi et pas une fois en plus de quinze ans d’enseignement et d’écriture je n’avais éprouvé le besoin d’en parler. J’aimais le cinéma comme tout le monde l’aime – comme une read more »

Maurice Audebert, Tombeau de Greta G. (4)

Si l’on veut se faire une idée de ce que fut la Première Guerre mondiale, c’est dans les films qu’il faut la chercher. Les historiens diront plus tard à quel point ce siècle vécut d’images, jusqu’à abolir la distance entre le réel et l’imaginaire : on ne sait plus trop si ces déferlements rythmés de read more »

Jonathan Coe, Testament à l’anglaise (4)

Un soir, alors que j’avais vingt-quatre ans, j’allai assister à un festival de films français organisé par le ciné-club de l’université. On projeta d’abord Le Sang des bêtes, court documentaire de Georges Franju sur un abattoir parisien. La salle s’était à moitié vidée avant la fin. C’était un public typique de ciné-club : amateurs endurcis read more »

Michel Tournier, La goutte d’or

Une prison, ce n’est pas seulement des barreaux, c’est aussi un toit. Un verrou m’empêche de sortir, mais il me protège aussi contre les monstres de la nuit. Une figure gravée dans la pierre éveille la tentation d’une vertigineuse plongée dans les ténèbres d’un passé immémorial. La forme la plus triviale de cette sorte d’opium read more »

Adam Ross, Mr Peanut

- Je déteste les films. – Qu’est-ce que vous leur reprochez ? – Ils sont surdéterminés. – C’est-à-dire ? – Dans un film, tout signifie quelque chose. Si un homme dit : « Ce réservoir contient de l’air comprimé. Si vous ne faites pas attention, il risque d’exploser. », vous pouvez être sûr qu’à un read more »