Category Archives: littérature française

Alexandre Jardin, Fanfan

Fanfan et Monsieur Ti étaient attablés devant des bols de café, occupés à découper des statistiques dans un journal pour les brûler ensuite à la flamme d’une allumette. Tous deux m’expliquèrent avec gaieté qu’ils haïssaient les probabilités, cette façon de corseter notre destinée dans des chiffres. Fanfan entendait se soustraire aux lois des grands nombres. read more »

Michel del Castillo, Une femme en soi (2)

Jean-Pierre Barjac n’était pas à une contradiction près, tous ceux qui ont collaboré avec lui peuvent en témoigner. Avec un acharnement maniaque, il s’attachait à des détails dérisoires, comme si la forme d’un bouton d’uniforme ou le ruban d’un chapeau pouvaient modifier l’image fixée sur la pellicule. On aurait cru, à l’entendre (il parlait tout read more »

Michel del Castillo, Une femme en soi (1)

La première image l’aurait montré de loin, arpentant le trottoir d’une démarche saccadée. Il n’arrêterait pas de marcher entre les deux énormes portails accolés du 95 et du 97, aller et retour. Il tournerait sans cesse la tête, tantôt vers le rond-point de Longchamp – rebaptisé depuis place de Mexico –, tantôt vers la rue read more »

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit

Moi aussi j’ai été me traîner vers les lumières, un cinéma, et puis un autre à côté, et puis encore un autre et tout au long de la rue comme ça. Nous perdions de gros morceaux de foule devant chacun d’eux. J’en ai choisi un moi de cinéma où il y avait des femmes sur read more »

Louis Aragon, Anicet ou le Panorama, roman

Rien n’est plus frais en été que les salles des cinémas les après-midi de semaine, et les deux amis s’étaient réfugiés dans l’asile d’ombre de l’Electric-Palace. Sans se préoccuper des voisins, ils parlaient à voix haute et mêlaient à leurs discours des jugements sur les films. Ainsi vous regardez passer la vie, vous y intéressez read more »

Julien Gracq, Lettrines

Mais la fête, c’est surtout le soir, quand il y avait cinéma. On tendait un écran de toile sur le bord de la terrasse, face à la mer : de chaque côté du drap magique, quand la mer s’approchait, on voyait naître du fond de la nuit et crouler l’une après l’autre de fantomatiques barres read more »

Jean Echenoz, Les grandes blondes

Salvador relut le papier qu’il rangea dans sa poche, tenta d’y comprendre quelque chose puis : bon, ça va, dit-il, tu me régleras tout ça toute seule. Passons au plus urgent. Les grandes blondes. Récapitulons. Procédons par auteur. Nous avons donc les hitchcockiennes. Puis nous avons les bergmaniennes. Puis nous avons celles des films soviétiques, read more »

Léo Henry, Rouge gueule de bois

- Ainsi, je vais conclure, dit Brown. L’autre le regardait. Il le regarderait jusqu’à la fin. Et quand Brown se tairait, lorsque le dernier rien empêcherait l’écrivain d’ajouter quoi que ce soit à son monologue, il serait là une fraction de seconde encore, le dernier au monde à y voir quelque chose. – Ainsi, je read more »

Sarah Bernhardt, Joli Sosie

“Bizarrerie”, pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une œuvre de fiction écrite par Sarah Bernhardt herself. Voici la présentation de l’éditeur Grand caractère : Dans le Paris joyeux et cosmopolite des années 20, la jeune milliardaire américaine Elly Gordon-Hope s’éprend du célèbre écrivain Jacques de Touzan lors d’un bal où elle s’est travestie en jolie servante. read more »

Jean-Michel Guenassia, Le Club des Incorrigibles Optimistes (2)

J’ai fait des stages prolongés à la Cinémathèque. À la l’extrême limite du possible. J’avais quelques obligations scolaires qui me contraignaient à une présence aussi excessive qu’inutile sur les bancs du lycée. J’ai ingurgité un nombre incalculable de films. Des extraordinaires, des rasoir et des nanars d’avant-guerre. J’ai supporté avec abnégation une intégrale Dreyer et read more »