Author Archives: lespilesintermediaires

Paul Auster, Sunset Park (4)

Il y a maintenant longtemps qu’elle joue régulièrement, elle a commencé quand elle avait un peu plus de vingt ans, et il n’y a personne, dans ce restaurant bondé, qui ne sache pas qui elle est : c’est coup d’œil sur coup d’œil en direction de leur table, des yeux sont sur ses yeux, mais read more »

Paul Auster, Sunset Park (3)

Il se trouvait donc dans l’avion, dit-il, avec un billet de première classe payé par ceux qui lui avaient décerné le prix, et sa peur de voler était un peu atténuée par de moelleux sièges en cuir, du caviar et du champagne, un luxe imbécile au milieu des nuages, un choix abondant de films à read more »

Paul Auster, Sunset Park (2)

Est-ce que tu as vu Les Plus Belles Années de notre vie ? Bien sûr, répond Ellen. Tout le monde connaît ce film. Il te plaît ? Enormément. C’est un des films de Hollywood que je préfère. Pourquoi te plaît-il ? Je ne sais pas. Il me touche. Je pleure toujours quand je le vois. read more »

Paul Auster, Sunset Park (1)

Son sujet, ce sont les Etats-Unis dans les années qui ont immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale, l’étude des relations et des conflits entre hommes et femmes tels que les montrent les livres et les films de 1945 à 1947, pour la plupart des romans policiers populaires et des films commerciaux réalisés à Hollywood. C’est read more »

Vladimir Nabokov, Machenka

Le texte original en russe suit la traduction. Plus tard, au cinéma, ce fut la foule, et la chaleur étouffante. Pendant un long moment, la publicité en couleurs offrant des pianos à queue, des robes ou des parfums, défila silencieusement sur l’écran. Et puis, l’orchestre attaqua et le film commença. Ludmila était d’une gaieté inhabituelle. read more »

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit

Moi aussi j’ai été me traîner vers les lumières, un cinéma, et puis un autre à côté, et puis encore un autre et tout au long de la rue comme ça. Nous perdions de gros morceaux de foule devant chacun d’eux. J’en ai choisi un moi de cinéma où il y avait des femmes sur read more »

Ray Bradbury, Le fantôme d’Hollywood (6)

Elle a pilé net devant l’entrée des studios. « Nous y voilà. » Long regard sur les lieux. Puis elle a murmuré : « Finalement ce n’est pas un hôpital. C’est un cimetière où viennent mourir les grandes idées, comme les éléphants devenus vieux. Un cimetière pour les fous. Il est de l’autre côté du read more »

Ray Bradbury, Le fantôme d’Hollywood (5)

Noir dans la salle, grésillements du début de la bande son, le rideau s’ouvre. Images sur l’écran : le montage provisoire, sur une musique encore inachevée de Miklos Rozsa. Un grand bonhomme. Pendant le déroulement des bobines, je regardais à la dérobée Fritz et Maggie. On aurait dit qu’ils chevauchaient des étalons sauvages. Pareil pour read more »

Ray Bradbury, Le fantôme d’Hollywood (4)

On nous avait engagés, Roy et moi, pour inventer et matérialiser des monstres, pour faire choir de l’espace des météores et surgir des lagons noirs des créatures humanoïdes, tous crocs dégoulinants de clichés gluants. Roy avait été embauché le premier, en raison de ses performances techniques. Ses ptérodactyles volaient pour de bon dans les cieux read more »

Ray Bradbury, Le fantôme d’Hollywood (3)

Le conducteur, coiffé d’une casquette rejetée en arrière, fait ronfler les gaz. Son œil d’un bleu métallique me foudroie à travers le pare-brise. L’autre œil est masqué par un monocle vissé dans l’arcade sourcilière et incendié par les reflets du soleil. « Dis donc, enfoiré de mes deux », vocifère-t-il. Un accent allemand prononcé empèse read more »