Author Archives: lespilesintermediaires

Alexandre Jardin, Fanfan

Fanfan et Monsieur Ti étaient attablés devant des bols de café, occupés à découper des statistiques dans un journal pour les brûler ensuite à la flamme d’une allumette. Tous deux m’expliquèrent avec gaieté qu’ils haïssaient les probabilités, cette façon de corseter notre destinée dans des chiffres. Fanfan entendait se soustraire aux lois des grands nombres. read more »

Michel del Castillo, Une femme en soi (2)

Jean-Pierre Barjac n’était pas à une contradiction près, tous ceux qui ont collaboré avec lui peuvent en témoigner. Avec un acharnement maniaque, il s’attachait à des détails dérisoires, comme si la forme d’un bouton d’uniforme ou le ruban d’un chapeau pouvaient modifier l’image fixée sur la pellicule. On aurait cru, à l’entendre (il parlait tout read more »

Michel del Castillo, Une femme en soi (1)

La première image l’aurait montré de loin, arpentant le trottoir d’une démarche saccadée. Il n’arrêterait pas de marcher entre les deux énormes portails accolés du 95 et du 97, aller et retour. Il tournerait sans cesse la tête, tantôt vers le rond-point de Longchamp – rebaptisé depuis place de Mexico –, tantôt vers la rue read more »

Morris West, Les enfants du soleil

Un soir, Peppino me proposa d’aller au cinéma. On donnait un bon film : Il Kentuckiano, dont la vedette était un célèbre acteur américain appelé « Bourt Lanhcaster ». J’avoue en toute franchise que j’adore les « Westerns », et que je peux manger tout un sac de « pop-corn » avec autant de joie read more »

Steve Tesich, Karoo (4)

Je méprise et j’ai toujours méprisé l’expression « petit chef-d’œuvre ». C’est ainsi que les critiques de cinéma aiment à qualifier certains films étrangers. L’expression « petit chef-d’œuvre » semble suggérer l’existence de toute une gamme de chefs-d’œuvre classés par tailles, comme les produits sur les étagères des supermarchés, de petits à moyens puis à read more »

Steve Tesich, Karoo (3)

Dimanche soir. J’ai débranché le téléphone pour ne pas interrompu pendant le visionnage du film. J’ai pris un cendrier propre et un paquet de cigarettes que j’ai placés sur la petite table, à côté du canapé. Puis j’ai inséré la vidéocassette dans mon magnétoscope. Pas de générique. Pas de musique. Ni même rien qui me read more »

Steve Tesich, Karoo (2)

J’interromps un instant ma lecture et regarde le scénario que je suis censé réécrire. C’est presque devenu une situation historique. J’ai la panne du réparateur de scénarios. Cela ne m’est encore jamais arrivé, mais c’est ce scénario-là qui en est la cause. Le problème avec ce scénario que je suis censé réécrire, c’est que je read more »

Steve Tesich, Karoo (1)

Aussi ironique que cela puisse paraître, malgré mes nombreuses maladies, mon surnom, dans le métier, c’est Doc. Doc Karoo. Je suis un rouage modeste mais assez opérationnel de l’industrie du cinéma. Je reprends des scénarios écrits par d’autres. Je réécris. Je coupe et je polis. Je coupe ce qui est en trop. Je polis ce read more »

Marilyn French, The Women’s Room

Oh, God! I’ll never forget that last scene, when her daughter is being married inside the big house with the high iron fence around it and she’s standing out there-I can’t even remember who it was, I saw it when I was still a girl, and I may not even be remembering it right. But read more »

Paul Auster, Sunset Park (5)

Morris a découvert, il y a de ça bien des années, que Simon Korngold est une personne absolument digne d’être aimée, et ce que Morris aime le plus chez lui, c’est qu’il ne se plaint jamais. Tout le monde souffre de la crise, de la récession, quel que soit le nom que les gens utilisent read more »